PDF Print Engine ou s’affranchir du PostScript

En lançant en 2008 sont moteur de rendu d’impression natif PDF, Adobe a fait un grand pas pour libérer l’industrie graphique du carcan du PostScript.

PDF Print Engine est un bouquet technologique appelé à outiller à terme la plupart des flux de production prépresse. Son principe de base est de séparer le contenu graphique, enregistré dans un fichier PDF, des spécifications de traitement, consignées quant à elle dans un fichier JDF (Job Description Format).
Dans un flux de production intégrant la technologie PDF Print Engine, c’est le moteur de rendu lui-même (le RIP) qui se charge de toutes les transformations prépresse tel que le calcul des transparences, les conversions colorimétriques, la génération des recouvrements (trapping) ou encore l’imposition. Toutes ces opérations sont effectuées en conformité avec les indications contenues dans le fichier JDF. Le fichier PDF lui-même reste intègre, indépendant des technologies et des systèmes d’impression.

pdf print engine

À n’en pas douter, PDF Print Engine signe la fin du PostScript. Les flux de production prépresse travaillerons désormais de bout en bout en PDF, ce qui ne présente que des avantages.
En premier lieu, le même moteur de rendu natif PDF dit Adobe Common Renderer (ACR) sera utilisé à la fois pour la prévisualisation et pour l’impression elle-même. Le WYSIWYG (What You See Is What You Get – Ce que vous voyez est ce que vous optenez) des logiciels graphiques y gagnera en fiabilité, tout comme l’épreuvage logiciel sur écran (soft proofing).

En restant indépendant du système qui doit l’imprimer, le fichier PDF reste ouvert aux ultimes modifications, il conserve son éditabilité jusqu’à la confection de la plaque offset ! Pour autant, cette indépendance offre une garantie supplémentaire de conformité des épreuves imprimées. En effet, le même moteur de rendu sera utilisé à la fois par les différents systèmes d’épreuvage et par les RIPs des CTP. La fiabilité de l’épreuvage distant sera renforcée et sa mise en œuvre facilitée.

Les polices de caractères aux formats TrueType et OpenType ne seront plus condamnées à être converties en PostScript avant l’envoi au RIP. Elles seront interprétées directement selon les prescriptions de leur développeur réduisant ainsi le risque de dérapages (caractères manquants, chasse modifiée, etc.).

En outre, le PDF Print Engine est particulièrement adapté au traitement de données variables facilitant ainsi l’impression personnalisée des documents (pour l’envoi de mailing par exemple). Un dispositif de cache intelligent est en effet prévu pour accélérer l’impression des documents à la norme PDF/VT (ISO 16612-2), le nouveau standard de documents électroniques à informations variables.

En s’affranchissant définitivement des contraintes du PostScript, les flux de production imprimés vont gagner en prévisibilité. Pour autant, un fichier PDF ne continuera de s’imprimer correctement que s’il a été dument contrôlé et normalisé. La technologie d’Adobe PDF Print Engine améliore la fiabilité du format PDF pour l’industrie graphique, elle n’en est pas pour autant la Pierre philosophale capable de transformer le plomb en or. Contrôle et normalisation des fichiers PDF sont d’autant plus d’actualité que l’implantation du PDF Print Engine dans les outils de prépresse va accélérer leur automatisation.

Nul ne sait précisément à l’heure actuelle quand le PostScript sera définitivement abandonné par l’industrie graphique. C’est au minimum une question d’années. Il faudra du temps pour que l’ensemble des outils graphiques adopte la nouvelle technologie, puis que l’ensemble du parc machine et logiciel se soit renouvelé.
C’est pourquoi les contraintes du PostScript comme les principes de fonctionnement du PDF Print Engine doivent aujourd’hui être pris en considération conjointement lors du choix des normes et des standards à respecter pour générer, transmettre et manipuler ses documents graphiques au format PDF.