Normes PDF, PDF/X, PDF/X Plus…

Les échanges de fichiers PDF dans l’industrie graphique sont l’objet de plusieurs normes éditées par l’ISO (Organisme international de normalisation) et regroupées dans le document ISO 15930. Décidées par le comité technique en charge des technologies graphiques ISO/TC130, elles définissent différents standards appartenant à la famille des PDF/X.

PDF/X
À l’heure actuelle, l’ISO/TC130 a retenu trois sous-ensembles de PDF/X : PDF/X-1,  PDF/X-3 et PDF/X-4. Ils fixent les termes des échanges de fichiers « sans visibilité », c’est-à-dire sans possibilités d’échanger des informations supplémentaires entre émetteurs et destinataires du PDF.
Sont exclus les PDF/X-2 et PDF/X-5 qui autorisent l’utilisation de spécifications PDF inopérantes si l’on ne s’est pas au préalable accordé sur la façon de les exploiter — par exemple des informations OPI (Open Prépresse Interface, système dans lequel les images sont enregistrées de façon séparée du document PDF lui-même ).
Initialement, le PDFX-1 autorisait lui aussi les informations OPI. C’est pourquoi cette norme a fait l’objet d’un sous-ensemble dit PDF/X-1a qui prohibe leur usage, rendant possibles les échanges sans visibilité.
Au fur et à mesure que la technologie évolue, les normes se précisent. Aussi fait-on suivre leur référence par le millésime de sa publication. Le PDF/X-1a est ainsi aujourd’hui décliné en deux versions : PDF/X-1a:2001 et PDF/X-1a:2003.

ISO 15930 PDF/X

Échange sans visibilité
Les normes PDF/X actuellement retenues par l’ISO 12647 sont les PDF/X-1a:2003 et le PDF/X-3:2003, faisant respectivement l’objet des parties 4 et 6 de l’ISO 15930.
Le standard PDF/X-1a:2003 fixe les termes des échanges de fichiers PDF dont les couleurs sont définies en CMJN et tons directs. C’est-à-dire dans des espaces de couleurs dépendants du dispositif d’impression. C’est le standard le plus employé actuellement.
Le standard PDF/X-3:2003 autorise l’échange de données contenant d’autres espaces colorimétriques que le CMJN (RVB, LAB…), à condition que chacun d’eux soit précisé par son profil ICC. Il tente ainsi de normaliser les échanges de fichiers contenant des données colorimétriques indépendantes du dispositif d’impression.

Normes universelles
Ces normes ISO 15930 sont à vocation universelle. Contrairement aux normes 12647 elles ne distinguent pas les différentes technologies d’impression (offset feuilles, rotative, sérigraphie…). Un fichier PDF/X-1a peut aussi bien être destiné à l’impression en offset sur papier couché que sur papier journal.
D’une part, les spécifications PDF/X interdisent les possibles composants PDF incompatibles avec une impression professionnelle. À ce titre sont proscrites par exemple les métadonnées multimédias  comme le son ou la vidéo. D’autre part, elles édictent les informations indispensables à la bonne interprétation des fichiers par les imprimeurs et qui doivent à ce titre y figurer impérativement. Typiquement, les polices de caractères doivent impérativement être intégrées aux documents PDF/X.
En revanche, puisque les normes PDF/X sont conçues pour s’adapter à différentes technologies d’impression, aucune résolution minimale n’est spécifiée pour les images contenues dans un document PDF/X.

PDF/X Plus
Considérant, à juste titre, que ces normes PDF/X sont nécessaires, mais pas suffisantes pour assurer une qualité d’impression minimale des fichiers PDF échangés, le Ghent PDF Workgroup (GWG) publie des spécifications techniques supplémentaires. Elles précisent les normes PDF/X et diffèrent selon les segments de marché et/ou les procédés d’impression adressés. Ces ensembles de spécifications sont souvent appelés PDF/X Plus, sans que cette dénomination n’ait de lien formalisé avec l’ISO.
Le Ghent PDF Workgroup est, comme son nom l’indique, un groupe de travail entre professionnels de l’industrie graphique préconisant l’utilisation du format PDF en prépresse. À l’initiative de la société Enfocus, éditeur d’un des premiers outils pour contrôler et normaliser les fichiers PDF, le GWG a eu le mérite de standardiser les multiples points de contrôle qualitatif du format PDF. Ainsi, différents logiciels peuvent se transmettre des informations de contrôle cohérentes dans et entre les divers flux de production prépresse.

Le GWG segmente ses spécifications entre les marchés suivants :
– Annonceurs (publicité) dans les magazines ;
– Annonceurs (publicité) dans les journaux ;
– Offset feuille ;
– Offset rotative ;
– Héliogravure ;
– Packaging.
Chacun de ces segments est lui-même subdivisé en deux versions : l’une pour l’impression finale en quadrichromie (CMJN), l’autre pour l’impression CMJN + tons directs.

Enfocus Certified PDF

PDF certifié
Les normes ISO PDF/X n’obligent en aucune façon l’émetteur du document à « prouver » que son document respecte bien telle ou telle norme. Elles spécifient seulement qu’une balise (un marqueur) doit être ajoutée au fichier PDF pour préciser quelle norme est censée être respectée.
Le Ghent PDF Workgroup souhaite aller plus avant dans la sécurité des échanges de documents PDF.
À cette fin, il publie des spécifications pour l’inclusion de la preuve du contrôle dans le fichier PDF lui-même. Ce que l’on appelle en prépresse la certification PDF.
Initialement, seuls les outils de contrôle de la société Enfocus (la gamme PitStop) disposaient d’une technologie de certification. C’est d’ailleurs ce qui a fait pour partie leur succès. Afin de faciliter la standardisation de la façon dont les fichiers PDF doivent être certifiés, Enfocus a rendu publique en 2008 sa technologie de certification Certified PDF. L’éditeur autorise ainsi tous les développeurs qui le souhaitent à incorporer cette technologie dans leurs propres logiciels. Enfocus conserve cependant l’intégralité des droits de propriété intellectuelle sur Certified PDF.

Certification ou sécurisation ?
La certification PDF n’est autre que le marquage et l’inclusion du rapport de contrôle dans le fichier PDF lui-même. Il ne s’agit que d’un moyen de communication supplémentaire entre l’émetteur et le receveur de fichiers PDF, en aucun cas d’un outil de sécurisation absolue du format PDF.
Un PDF parfaitement sécurisé perdrait tous les avantages du PDF en prépresse : éditabilité, légèreté, souplesse d’utilisation, etc. La sécurisation PDF absolue est donc un mythe. Ce que l’on peut sécuriser n’est pas le format lui-même, mais le processus de production dans son ensemble. Les normes ISO PDF/X et les spécifications du GWG sont en mesure de garantir la fiabilité du procès de production prépresse si, et seulement si, elles sont correctement contrôlées à chaque étape de la chaîne de production avec des outils appropriés et par un personnel compétent