Normalisation et optimisation en impression offset

La normalisation en matière d’impression professionnelle ne doit pas être synonyme de nivellement. Au contraire, les normes doivent être des outils productifs parmi d’autres au service de la qualité. Oublier cette évidence peut conduire à bien des désillusions tant il est vrai que la qualité imprimée reste un facteur essentiel dans la concurrence que se livrent les imprimeurs entre eux. Chaque outil, chaque principe, chaque préconisation du PSO s’appuie sur le triptyque clé de la profession : imprimer le mieux possible, le plus vite possible et au moindre coût.

Objectif qualité !
Résumons. Nous préconisons d’imprimer scientifiquement sur des presses dument calibrées et caractérisées.
La caractérisation de la presse doit s’effectuer à partir d’une charte de couleur imprimée dont les valeurs solides CMJN sont les plus proches possible des valeurs de l’ISO 12647-2 pour le type de papier auquel doit s’adapter le profil ICC.
Une fois le profil de la presse réalisé pour le papier d’impression et les données prépresse converties d’un profil standard (Fogra 39 par exemple) vers ce profil personnalisé, les valeurs densitométriques utilisées lors de la caractérisation seront le Graal du conducteur offset. Les atteindre, pour peu que le profil soit de qualité, lui garantit d’imprimer au plus près le rendu de l’épreuve contractuelle certifiée. À lui de déployer son art pour stabiliser au mieux ses densités dans ce but.
L’adoption d’un système de concordance des couleurs et d’une technologie d’achromatisme facilite justement le réglage de la balance des gris et la stabilité du tirage.
La boucle est bouclée. En adoptant un objectif ambitieux lors de la caractérisation, on se donne les moyens d’optimiser les données prépresses au plus juste des qualités de la presse et cette optimisation personnalisée facilite à son tour, et au quotidien, le travail du conducteur offset.

Impression sublimée
À partir du moment où l’on dispose d’un profil de qualité caractérisant l’impression de la presse sur un papier donné et d’un système cohérent de concordance des couleurs, la réalité du rendu imprimé d’une presse normalisée ne dépend plus que du standard selon lequel le fichier graphique aura été conformé en amont. S’il s’agit du Fogra 39, et si l’on imprime sur un papier couché et avec des encres répondant à la norme ISO 12647-2, on a la garantie de reproduire l’épreuve contractuelle certifiée. Si la couleur du papier ou celle des encres ne sont pas exactement aux normes, le processus de conversion compensera pour partie ces déviations pour se rapprocher au mieux de l’épreuve.
S’il s’agit du Fogra 47 ou de l’ISO Uncoated et que l’on imprime sur un papier non couché, l’impression simulera une impression moyenne sur papier non couché. Mais rien n’empêche l’imprimeur de tenter de simuler, sur le papier non couché ou sur papier recyclé, les couleurs de l’épreuve certifiée Fogra 39. C’est-à-dire d’utiliser toutes les ressources modernes de sa presse et de son flux de production prépresse pour sublimer l’impression. Cette dernière ne sera certes pas la copie exacte de l’épreuve certifiée Fogra 39 sur support brillant ou satiné, puisque la blancheur, la luminosité et la brillance du papier divergent. Mais, comme le système fait de son mieux pour compenser ces déviations, le rendu imprimé sera autrement plus vendeur et satisfaisant qu’une impression classique, même normalisée, sur ce type de papier réputé difficile.
Dans tous les cas, une fois les outils de normalisation et d’optimisation mis en place, l’imprimeur garde la latitude d’utiliser telle ou telle branche de son flux de normalisation prépresse en vue d’imprimer le rendu, normatif ou sublimé, convenant au mieux aux attentes de son client.